Beaucoup de questions sans réponses me viennent régulièrement à l’esprit. Que va devenir l’univers ? Pourquoi Jenifer Lopez vieillit-elle à l’envers ? Et surtout, pourquoi est-ce que j’ai ENCORE de l’acné à 30 ans ?

Ado, j’ai eu pas mal de chance. A 13 et 14 ans, je VOULAIS avoir de l’acné. Je sais que c’est dingue, mais je voulais moi aussi arborer des boutons comme gage de puberté, montrer à tout le monde que je devenais une « femme ». J’ai fait acheter à ma mère une crème anti-acnéique, à laquelle je n’ai jamais touché, parce que les désordres hormonaux ne sont jamais arrivés… un peu comme quand on achète son premier soutif alors que c’est encore le calme plat à l’horizon.

Aujourd’hui, j’en suis presque sûre, je suis une adulte, et je sais aussi pourquoi il faut réfléchir à deux fois quand on veut absolument quelque chose. J’étais sûre d’avoir réussi à éviter l’acné, mais arrivée à presque 30 ans, j’ai commencé à apercevoir des points noirs, des boutons blancs, des furoncles sous-cutanés, tout un cocktail d’imperfections que je croyais réservées aux ados qui n’avaient rien d’autre à faire.

Entre deux lectures compulsives du New York Times, trois signatures de pétitions, quelques séances de cuisine avec Blue Apron, j’ai tenté pas mal de choses. J’ai pris l’habitude de me faire des masques nettoyants en profondeur, des soins anti-boutons, et puis j’ai appris auprès de dermatos qu’il ne fallait pas abuser de ces produits à 30 ans, parce qu’on risque d’assécher sa peau et d’accélérer l’apparition de ridules. Et toutes ces nuits à me déguiser en patch géant, ça n’a presque rien fait.

Ensuite, je suis passée à un régime de soins du visage hyper strict, j’ai accordé un poste de dépenses prioritaire à ma peau. Et j’ai laissé faire les pros ! Soin du visage un mois sur deux ! La majeure partie du soin consiste à extraire des trucs de ma peau, Gabriela a d’ailleurs baptisé cette phase « l’extraction ». Ça marche, mais ça m’a aussi fait prendre une sale habitude, celle de presser moi-même mes pores. Si Gabriela le fait, ça doit être efficace, donc autant continuer le travail moi-même entre deux rendez-vous, non ? Et non. Vous le savez sans doute déjà, charcuter son visage soi-même devant le miroir n’est pas une bonne idée. J’ai aussi vu un dermato qui m’a fait une ordonnance de patchs anti-boutons. C’est une espèce de pansement, et même si ça marche pour faire disparaître les boutons, ça ne s’attaque pas à la cause du déséquilibre.
Finalement, j’ai pris la meilleure décision qui soit, en décidant d’utiliser moins de produits, moins de nettoyants, et aussi contradictoire que ça puisse paraître, davantage d’huiles naturelles. Oui, on combat le gras par le gras, et c’est sans doute la leçon la plus efficace que j’ai retenue cette année. J’ai découvert en faisant quelques recherches, que l’acné chez les adultes était en partie hormonale, mais pouvait également être provoquée par un mélange d’impuretés et de sécheresse cutanée… ce qui oblige la peau à sécréter davantage de gras pour compenser. Le gras, c’est une notion clé, tout comme le « naturel ».
Du coup, mon rituel est à la fois rigoureux et simple : une huile nettoyante, une huile hydratante, et pas de fond de teint pour masquer les boutons. Je laisse ma peau faire sa mue, et elle en retour me remercie en ne bourgeonnant pas à tout-va, ce qui me rapproche de mon idéal de fille à peau éclatante.