Pour la première fois de ma vie, j’ai une vraie toison pubienne. J’ai pris cette décision suite à une conversation sur les poils pubiens amorcée au Studio. Je me suis rendu compte que je faisais partie d’une minorité dans l’équipe à être en faveur de l’épilation totale. Quand on m’a demandé pourquoi, je n’ai pas su répondre, si ce n’est que j’avais l’impression qu’on m’avait convaincue – à l’insu de mon plein gré – que l’épilation intégrale était ce que je préférais… et donc ce que mes compagnons aimaient aussi.

Mais en vérité, je n’avais jamais vraiment songé à ce que je préférais vraiment et pourquoi. Il fallait que j’interroge mes notions en la matière, après avoir réalisé que des femmes que j’admire au Studio (qui ont toute la trentaine) acceptaient ouvertement leurs poils pubiens.

A mesure que la conversation progressait, je me suis aperçu que même les plus progressistes en la matière avaient une vision un peu faussée de la toison pubienne. Bien sûr, elles clamaient toutes : « Vive les poils ! Vive les femmes ! » Mais en ajoutant quand même : « Beurk, non mais j’épile quand même un peu pour que ce soit net » ou « Je laisse un petit triangle de poils pour me rappeler que je suis une femme, mais c’est tout. » Du coup, j’étais un peu perdue, comme certaines de mes collègues. Je n’arrivais pas trop à savoir si ma confusion était liée aux constructions sociales qui avaient forgé ma conception de certaines choses, notamment en matière de beauté. Comme l’idée qu’il n’est pas normal de rester naturelle : c’est sale et peu attirant. Et finalement, c’est assez pénible de se dire que je fais des choix personnels basé sur l’avis des autres.

Se forcer à remettre en question certaines choses, que ce soit une idée ou quelque chose de concret, de physique, oblige à creuser en profondeur pour arriver à l’origine du problème. Donc j’ai jeté mon rasoir, oublié les épilations. Et même si c’est agréable d’embrasser son moi naturel (concrètement, ne pas se faire arracher des poils à cet endroit, c’est un soulagement) (bon, je me suis quand même fait faire une épilation maillot de base), je ne suis pas encore complètement à l’aise. Tant que je suis seule, ça va, le problème, c’est plutôt en présence d’autres personnes, que ce soit dans un contexte intime comme une chambre ou en maillot de bain, sur la plage (non pas que j’aille à la plage en ce moment, je sais, on est en mars !).

Je crois que j’ai envie de me sentir bien dans ma peau, parce qu’il n’y a rien de plus agréable, sexy ou motivant que de voir une femme embrasser sa nature profonde… et poilue. Bref, je donne sa chance à ce nouveau moi naturel, au moins jusqu’à ce que j’aie découvert qui j’étais vraiment… en matière de poils.

PS. La photo d’ouverture est de Sonia Sieff, dans son nouveau livre Les Françaises dont on vous reparlera très bientôt !