2016 a été une année vraiment déroutante pour moi.

Pour la première fois depuis des années je n’avais pas trop envie de parler, d’écrire, de partager, de me montrer.

Je suis passée, comme tout le monde, par des moments de pur bonheur comme par des moments difficiles… Mais pour la première fois aussi, je suis passée par des moments dont je n’ai pas eu envie de parler publiquement.

J’ai eu envie de me rouler en boule. Comme une chrysalide, peut-être. Je n’ai pas fait de fêtes, je n’ai pas célébré mon anniversaire, je me suis fait peu de nouveaux amis. C’était inexplicable, mais rencontrer des gens nouveaux m’épuisait. Alors j’ai vu moins de monde, j’ai moins voyagé. J’ai moins écrit, j’ai moins partagé. Vraiment différent de ma vie à 100 à l’heure.

C’est peut-être ces dix ans de blog, être à l’extérieur de moi sans arrêt, qui ont fini par me rattraper. C’est surement l’après-coup de l’écriture de mon livre, une aventure palpitante et épuisante. C’est aussi le passage à une autre façon de voir la vie, avec plus de perspective, plus de bienveillance… Envers les autres, et envers moi-même.

C’est aussi le burn out que j’ai ressenti en Mars, qui m’a forcé à repenser mes priorités.

Aujourd’hui je me rends compte que même mon burn-out, je ne l’ai pas vraiment pris au sérieux. Je n’aime pas ce mot, je n’aime pas ce qu’il sous-entend. Je n’aime pas la note plaintive qu’il renferme. Personne ne m’a fait de mal. Même cet épisode si important de ma vie, je n’ai pas été capable de le partager avec vous comme je l’aurais aimé, avec humour et philosophie.

Mais le fait est que parfois, il est difficile de tirer des leçons, et encore moins de belles histoires inspirantes des choses que l’on vit au moment où on les vit.

Et moi, je vois tout comme de belles histoires. Si je n’en voit pas la fin, c’est que mon histoire n’est pas encore prête à être racontée. C’est comme ça que je le vois… Du coup, plus d’une fois, je me suis sentie faible, incapable d’être “au top”, de donner. Fragile. Je me suis sentie fragile, moi qui avait construit mon identité sur ma force et mon sens de l’humour. Je me croyais invincible !

Mais. Comme dans tous les moments où le ciel s’assombrit – les nuages cachent le plus important. On grandit, on apprend, on évolue. On regarde en arrière, et on se dit qu’on est bien contente d’être passée par là, qu’on n’en rendrait pas une seconde.

2016 est l’année où j’ai compris à quel point je ne savais pas comment m’aimer et où j’ai essayé de trouver le chemin de l’amour-propre que j’ai perdu, quelque part pendant mes années d’adolescence. Certaines relations se sont enrichies, d’autres se sont épuisées. Certaines ont été rompues en une longue douleur. L’amitié peut faire aussi mal que l’amour, non ?

J’en ai mis d’autres sur pause. Sans culpabiliser, parce qu’en 2016 j’ai aussi compris que l’on ne construit pas une vie sur la culpabilité, mais sur la vérité, l’amour et le respect.

Et la simplicité. J’ai aussi appris à aimer mes amis comme ils sont. Mes rares amis vrais, ils savent très bien qui ils sont, je les accepte et je les aime au-delà de leurs manies et de leur défauts – ce qu’ils me rendent au quintuple, parce que des manies et des défauts, j’en ai des tonnes.

D’ailleurs c’est à ses amis, qui m’ont tellement soutenue, qui ont montré tellement de patience, à qui j’ai promis souvent : “Je te promets, je sens que ça y est, je me retrouve, j’ai changé, j’ai enfin retrouvé mon énergie bouillonnante, je reviens, je vais être à nouveau sociable, légère, drôle !” – tout ça pour m’étaler à nouveau le jour suivant.

Qui sait, peut-être même qu’aujourd’hui, je n’en suis toujours pas sortie !

C’est comme ça, ces moments là. Ils durent toujours plus longtemps qu’on ne le voudrait. Ce serait tellement plus facile si on pouvait s’en sortir en un coup de baguette magique, non ?

Mais aujourd’hui, on est en 2017 et j’arrive enfin à regarder en arrière avec un immense sourire. Je suis remplie de gratitude. Chaque larme (ne vous inquiétez pas, j’ai toujours beaucoup pleuré. Je ris beaucoup, je pleure beaucoup), chaque émotion, chaque déception m’a tellement appris.

Et aujourd’hui Chris, Lulu et moi, on s’envole pour LA. On va s’installer là-bas. Enfin, être “bi-coastal”, quoi.

L’une des choses les plus importantes dont je parle dans Love x Style x Life (Mon livre, dont j’aime de plus en plus le message d’ailleurs) c’est l’idée que dans la vie, il faut suivre l’énergie.

Sept ans. Sept ans que j’étais arrivée ici comme on débarque à une fête déjà à moitié ivre – ivre de succès, d’amour, et d’envie de participer. J’avais senti tout de suite que New York et moi, ça allait être la passion. Et ça l’a été, tellement ! Tellement que j’avais vraiment peur du jour où la magie s’envolerait.

Et c’est arrivé. Depuis quelques années, je sentais que l’excitation me quittait. J’enviais mes amis qui venaient me rendre visite, tout bouillonnants d’être là, avec cette soif et cette curiosité d’arpenter les rues et d’absorber le bruit et de sauter dans des taxis roulant à toute allure.

Chris et moi, on ressentait la même chose, et on a décidé d’agir. Pourquoi attendre ?
Oui ça fait un peu peur, mais c’est là que notre énergie nous pousse…

2016 est l’année où j’ai appris, tout doucement, à connecter l’intérieur et l’extérieur – ce que je suis avec ce que je fais. Arrêter de suivre les schémas établis, arrêter de chercher les réponses à mes questions à l’extérieur de moi. Essayer de suivre mes émotions et mes intuitions.

La vie n’est pas censée être une bataille constante. Si elle l’est alors, peut-être qu’il est temps de changer quelque chose.

On nous apprend tellement à nous battre, à nous projeter, on entre dans la vie prêt à survivre à toutes les guerres. Des boulots qu’on déteste, des gens qui ne nous font pas du bien, des modèles de vie qui nous empoisonnent.

Quand mes lecteurs viennent vers moi, c’est souvent pour me dire que grâce à moi ils ont trouvé leur voie. Rien ne peut me rendre plus heureuse. Ou alors, qu’ils sont perdus et qu’ils ne savent pas. Rien ne me donne plus envie de m’asseoir et de voir avec eux ce que je peux faire.
Et la meilleure façon d’aider, c’est de suivre ce en quoi je crois.

Se trouver, ça ne s’arrête pas une fois que l’on a trouvé la bonne direction. La liberté d’être soi, c’est un chemin qu’il faut entretenir chaque jour, sinon il se remplit de broussailles et on oublie. On se laisse bercer par les messages ambiants “Voilà ce qu’est la beauté ! Voilà ce qu’est le succès ! Voilà ce qu’est le bonheur !” et l’on s’y perd à nouveau.

Alors voilà. J’avais envie, non pas de m’excuser pour celle que je n’ai pas été en 2016, ce personnage étrange et entre deux eaux que moi-même j’ai parfois eu du mal à reconnaitre) mais au contraire de célébrer ces moments de doute et de changement, de repli.

Accepter que parfois être suffit.
Qu’on n’est pas toujours oblige de faire, de prouver, d’être présent, de se battre.

En cette période de résolutions, de renouveau, il est bon de se rappeler tout ça. Ne pas partir dans une nouvelle année comme on partirait à l’attaque.

Mais plutôt, la commencer dans la paix et dans l’amour.

Parfois, on peut être moins. Et que ceux qui nous aiment nous laisseront le temps. Autant de temps qu’il nous faudra. Et que notre flamme reviendra, peut-être la même, peut-être différente, qui sait ? C’est la magie de la vie. Et qu’on peut, parfois, ne pas se raconter. Faire une pause.

Être moins.

Je nous souhaite à tous une année 2017 merveilleuse, de paix, d’acceptance et de joie.
Soyons sages, soyons cons, soyons talentueux, ou vides, mais soyons nous-mêmes. Soyons connectés à l’être profond que nous sommes, l’enfant à l’intérieur, confiant, plein d’amour pour lui-même et pour les autres. Soyons patients, et soyons bienveillants. Envers nous-mêmes et envers ce monde. C’est ma seule résolution.

[Là, j’étais sur le point de vous demander de m’excuser d’avoir été si sérieuse et pontifiante et dégoulinante de bons sentiments, mais c’est ce qui m’est venu aujourd’hui, et c’est ma vérité du moment. Alors tant pis pour les excuses, je les remplace par des milliers de bisous ! Mouaaaah ! Bonne année !!!!!!!]