Il faut que je vous parle de l’énorme complexe que je faisais sur mes cheveux depuis l’âge de six ans. Petite, mes cheveux poussaient hyper lentement, donc le plus souvent, les gens me prenaient pour un garçon. Je vivais dans un environnement où la plupart des petites filles avaient les cheveux raides. Moi, j’avais une mini-afro, avec des bouclettes minuscules ! Je demandais souvent à ma mère pourquoi je n’avais pas les mêmes cheveux que mes copines, et elle me répondait : « On est tous différents, et tu es très belle comme tu es. » A l’époque, je ne la croyais pas.

Ensuite et comme la plupart des ados, j’ai eu envie de me fondre dans la masse, je voulais effacer tout soupçon de différence. Alors niveau capillaire, j’ai tout essayé : couleurs, permanentes, lissage, cocktails de produits toxiques. Ça a vraiment fait mourir mes cheveux à petit feu. Je pensais que changer de look me redonnerait confiance en moi. Mais j’étais jeune, et j’avais une vision biaisée de la beauté.

Avec ma famille, on passait tous nos étés dans le sud de la France, chez mes grands-mères, à Aix-en-Provence. J’étais tellement frustrée par mes cheveux courts que pendant toute une semaine, j’ai supplié mes parents d’aller me faire poser (ce que je trouve hideux maintenant) des extensions nattées. Ils ont fini par capituler et on est allés chez le coiffeur. On y a passé des heures… je crois que je devais vraiment être hyper complexée parce que mes parents ont attendu sans rien dire. Moi, je trouvais les nattes magnifiques surtout parce que c’était la première fois que je sentais le poids de mes cheveux sur mon dos.

Ensuite, on est rentrés chez ma grand-mère où j’ai tout de suite sauté dans la piscine pour échapper à la canicule… mais dès qu’elles sont entrées en contact avec l’eau, mes nattes ont commencé à se détacher. J’en ai pleuré de rage. Je ne comprenais pas pourquoi elles ne restaient pas sur ma tête. C’est là que j’ai compris que mes cheveux étaient trop fins pour supporter le poids des nattes, et pendant les deux semaines qui ont suivi, les nattes ont continué à tomber. J’ai vu ces nattes comme un combat, et je me suis dit que je gagnerais ! Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus que deux nattes qui se battent en duel sur ma tête, mais que j’ai décidé de garder (j’avais vraiment l’air d’une folle !). Elles ont fini par former un nœud cauchemardesque. Ma mère a tout essayé pour le défaire mais en vain, il a fallu me raser la tête.

Après ça, j’ai troqué mes nattes contre une serviette verte que je coinçais sur ma tête à l’aide d’un chapeau, et je faisais comme si c’était mes cheveux. Oui, j’étais dingue.

Ces dernières années, je me suis un peu calmée sur ce front. L’été dernier, je suis tombée sur une amie dont les cheveux étaient sublimes et hyper sains : elle venait de s’offrir une coupe et un soin hydratant chez Devachan, à New York. Je me suis dit qu’il fallait que j’essaie, et la semaine dernière, quand je suis allée à NY, j’ai réussi à obtenir un rendez-vous. Et j’adore le résultat ! Peut-être que je suis moins complexée que la petite fille de six ans que j’étais, ou peut-être que je me suis enfin acceptée telle que je suis plutôt que de lutter, mais pour la première fois, j’ai décidé de garder mes cheveux au naturel et je me sens bien !