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The Askill Brothers

6 months ago by

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Erik Melvin

Au Studio, on est très inspirés par les fratries qui travaillent ensemble dans la mode, le cinéma ou le monde des arts et semblent être dotés du gène de la création… et on était curieux de savoir si c’était quelque chose d’inné. Est-ce que le talent créatif est quelque chose avec lequel on naît ? Dans le cas des frères Askill, tous les trois bossent dans l’univers de la création… avec un certain succès !

Est-ce que c’est quelque chose qu’ils ont toujours eu en eux ? Ou peut-être est-ce l’Australie, ce beau pays où ils ont grandi (si on voit encore une seule image de Bondi Beach sur Instagram, je crois qu’on va devoir déménager !) qui leur a permis de donner libre cours à leur créativité avec autant de succès et de déménager dans l’agitation de NY ?

Ensemble, les trois frères ont monté les Askill Projects, un collectif de design collaboratif qui fait appel à tous leurs talents. Daniel, réalisateur et artiste, est connu pour le travail qu’il récemment effectué avec Sia (pensez aux clips comme Chandelier, avec l’extraordinaire jeune danseuse Maddie Ziegler) et travaille en étroite collaboration avec son frère Lorin, réalisateur, monteur, photographe et artiste. Jordan est quant à lui créateur de bijoux et sculpteur qui a récemment été récompensé par un British Fashion Award.

Toutes ces réalisations concrétisées sous un même nom, ça nous a donné envie de les rencontrer… pour savoir si eux aussi pensent que le talent artistique est un truc de famille, et comment ils se sont influencés les uns les autres…

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Enfants, vous avez senti qu’il y avait une forme d’atavisme créatif dans votre famille ?

Oui, nos parents travaillaient déjà dans des domaines créatifs, notre mère a fait des études d’art, elle a travaillé en étroite collaboration avec un compositeur de musique classique australienne. Notre père est un musicien et compositeur. On a toujours été très exposés à plein de sortes de musique et de formes d’art, et nos parents nous ont encouragés à explorer notre créativité.

Il y a une infinité de domaines créatifs… c’est fou que vous soyez tous devenus des artistes visuels, c’est-à-dire que vous créez tous de l’art tangible, … est-ce qu’il y a quelque chose qui a motivé votre choix ?

Il n’y a pas eu un phénomène déclencheur, mais plusieurs éléments. On a tous fait de la musique et fréquenté un lycée avec option musique, mais finalement, on a plus été attirés par les arts visuels. A l’époque, ça nous semblait plus excitant avec toute cette ère du numérique qui prenait son envol. Jord aimait aussi les costumes, la mode, et puis on a toujours aimé s’amuser avec des caméras. Ça a juste été le bon moment pour commencer à envisager ces passions à titre professionnel.

Qui vous a inspirés, dans votre enfance ? Avez-vous eu des mentors ou des modèles, qui vous ont aidés à vous forger votre esthétique ?

Je crois qu’on s’est toujours un peu inspirés les uns les autres en grandissant. Nos parents et les gens avec qui ils travaillaient dans la musique ou les arts nous ont beaucoup influencés.

Y a-t-il de grosses différences entre vous, d’un point de vue créatif ? Comment gérez-vous ces différences ?

On a tous des idées différentes et c’est bien. Je crois qu’on se respecte, et qu’on essaie de collaborer de façon complémentaire. En général les projets nous viennent naturellement, ou alors on marche à l’instinct.

Vous vous donnez des conseils, vous vous critiquez les uns les autres ? Ces avis ont-ils plus ou moins de valeur que ceux qui peuvent venir de l’extérieur ?

On est toujours en quête de conseils ou d’avis. Les conseils des autres sont aussi constructifs, mais c’est vrai que nos avis respectifs comptent beaucoup. De façon tacite, on a défini quelques filtres sur notre manière de voir les choses, donc quand on sollicite l’avis de l’un ou l’autre d’entre nous, on sait qu’ils envisageront les choses comme il faut.

Que pensez-vous de la créativité en général, est-ce que c’est quelque chose d’inné ou est-ce que c’est quelque chose que tout un chacun peut envisager à force de pratique et de travail ?

On s’améliore à force de travail, avec l’expérience, mais il y a aussi quelque chose de plus profond qu’on a peut-être tous en nous. Il faut travailler pour libérer, comprendre et transformer ça.

Comment êtes-vous influencés par vos travaux respectifs ?

Comme on a tous choisis les arts visuels, on comprend facilement nos approches respectives. Une certaine vision esthétique relie nos travaux.

On a pu utiliser le numérique et les prises de vue de façon plus sculpturale, et les pièces sculpturales de façon numérique. On a pu fondre nos pratiques pour que notre travail collectif devienne une entité unique.

Vous travaillez souvent ensemble, ça semble être quelque chose d’assez naturel pour vous…  qui a eu l’idée de collaborer en premier ? Et quand vous avez le choix, est-ce que vous préférez bosser ensemble ?

On a grandi ensemble, été exposés aux mêmes choses, eu les mêmes influences, ça nous a donc toujours semblé logique de travailler ensemble, parce qu’on se comprend, on communique de façon assez innée. C’est une chance, du coup, on a dore pouvoir travailler ensemble, on mesure notre chance.

 

On communique de façon assez innée. C’est une chance, du coup, on a dore pouvoir travailler ensemble, on mesure notre chance.

Avez-vous essayé d’autres approches créatives comme la comédie, le chant, l’écriture, avant d’opter pour vos choix actuels ?

DANIEL : Oui, on a tous fait beaucoup de musique plus jeunes, j’ai sorti un album quand j’avais 19 ans, avant de choisir la réalisation et l’art…. mais je continue à jouer du piano et de la basse pour mon plaisir.

JORDAN : Oui, quand j’étais jeune, je me suis essayé au métier d’acteur et au chant. Jusqu’à l’âge de 14 ans, j’ai été dans le chœur d’enfants de l’opéra de Sydney, j’ai chanté dans des productions dirigées par  Baz Lurhman à l’opéra. Je suis allé dans un lycée option arts, du coup j’y ai aussi beaucoup joué et chanté,  et pratiqué l’art floral, l’ikebana.  L’un de mes souvenirs d’enfance les plus vivants, c’est nous trois devant la caméra de mon père qui faisait de petits films.

LORIN : Pas à titre professionnel… J’ai joué de plusieurs instruments pendant mon enfance et j’aimerais beaucoup faire de la musique, mais depuis le lycée je me suis surtout consacré à l’image et à la photo.

Est-ce que d’un point de vue artistique, vous vous sentez plus proche de l’un ou l’autre ?

JORDAN : Je ne saurais pas dire.  Je me sens proche d’eux deux. Quand on est tous les trois, j’ai l’impression qu’on est au complet.

LORIN : Je crois que Dan et moi, on est peut-être plus proches parce qu’on a tendance à systématiquement travailler ensemble. Mais Jord m’influence aussi de manière différente, il a un cheminement de pensée bien à lui et une imagination pleine de surprise. J’estime avoir beaucoup de chance qu’ils se soient forgés des trajectoires à la fois différentes mais tout aussi inspirantes.

Je me sens très proche de Jordy et Lorin, ils sont un peu comme le yin/le yang de mon propre cerveau.

– Daniel

daniel askill GARANCE DORE PHOTO

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Un projet ou une œuvre dont vous êtes particulièrement fiers ?

DANIEL : Mon premier court-métrage WE HAVE DECIDED NOT TO DIE…dans lequel on voit Jordy, qui a aussi fait les costumes. Plus récemment, les clips que j’ai réalisés avec Sia et mon projet Great Performers en collaboration avec le New York Times…deux projets que Lorin a montés.

JORDAN : En ce moment, je suis très fier de ma dernière collection, sortie en novembre, et baptisée Interlude: Remember Me.  J’ai essayé de réaliser des pièces qui soient fidèles à mon travail de sculpteur et de joaillier, à la fois personnelles et délicates, ce qui était un peu nouveau.  Pour accompagner cette collection, on a fait un book avec le photographe Michael Hauptman qui partage mon atelier.  La semaine où j’ai sorti la collection et les photos, j’ai remporté mon premier British Fashion Award, ce qui est extrêmement gratifiant. Devant tous ces gens qui ont légitimé mon travail, je me sens très humble.

Avec à l’horizon le soleil qui se levait sur Manhattan, … et là, je me suis rendu compte qu’en fait on avait réussi à capter pas mal de trucs géniaux… J’étais fier de ce que je venais de terminer.

– Lorin

LORIN : Je me souviens qu’au beau milieu du tournage de Drop the Game, on avait un peu de mal à obtenir ce qu’on voulait vraiment, il était 3 h du matin, on était en pleine zone industrielle à Red Hook avec une petite équipe, et il y avait plein de trucs qui n’allaient pas. J’ai failli laisser tomber. Et quelques heures plus tard, je rentrais en taxi, avec à l’horizon le soleil qui se levait sur Manhattan, … et là, je me suis rendu compte qu’en fait on avait réussi à capter pas mal de trucs géniaux. C’était mon premier tournage depuis que je vivais à NY, et ça a un peu été comme un baptême du feu. J’étais fier de ce que je venais de terminer.

 Là, mes créations sont plus imprégnées de problématiques environnementales, et ça me plaît. Ou c’est peut-être juste que je mûris.

– Jordan

Vous trouvez qu’il y a une certaine cohérence dans votre travail, rétrospectivement ?

DANIEL : Oui, quand je vois ce que je fais, je me dis que j’ai développé un langage qui relie tous mes travaux. Il y a certains éléments vers lesquels je suis toujours attiré… la symétrie, le minimalisme, une certaine façon de choisir mes acteurs… j’aime l’action ritualisée, le mouvement physique…

JORDAN : Oui, je suis sûr que tout ça m’a aidé à faire de mon travail ce qu’il est aujourd’hui… Mes bijoux et mes sculptures me servent à faire passer mes préoccupations du moment. Là, mes créations sont plus imprégnées de problématiques environnementales, et ça me plaît. Ou c’est peut-être juste que je mûris.

LORIN : Oui, d’une certaine manière, mais je continue à en apprendre plus sur mon travail, et ça évolue en permanence, ce qui est chouette. Il y a bien trop de choses qui m’intéressent et m’inspirent pour que j’arrive à clairement définir mon travail.

jordan askill garance dore photo

De façon tacite, on a défini quelques filtres sur notre manière de voir les choses, donc quand on sollicite l’avis de l’un ou l’autre d’entre nous, on sait qu’ils envisageront les choses comme il faut.

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